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 Les jugements d'apparence et d'appartenance...

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AbouAbdILLAH al-mouwahhid
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MessageSujet: Les jugements d'apparence et d'appartenance...   Lun 19 Sep - 17:10

BismILLAHi ramani rahim.

Wa as-salam 'ala man ittaba'a al houda.


Pour éviter la confusion, il serait bon d'exposer la différence entre le jugement d'apparence et le jugement d'appartenance.

1° - Le jugement d'apparence.

C'est le jugement qu'on porte sur une personne en fonction de ce qui ressort de lui. Comme l'a dit 'Omar ibn al-Khattab -radhiALLAHou 'anhou-:



 " Il y avait des gens qui étaient jugés à l’époque du Prophète Mouhammad,
sallallahou ‘alayhi wa sallam, par la Révélation, mais maintenant il
n’y a plus de Révélation. Nous vous jugeons aujourd’hui de ce qu’il nous
apparait de vos actes. Quiconque nous montre le bien nous le
rapprocherons et nous lui accorderons la sécurité, et ce qu’il dissimule
dans son for-intérieur n’est pas notre préoccupation. Il rendra des
comptes à Allah sur ce qu’il dissimule. Quiconque nous montre une
mauvaise apparence, nous ne lui accorderons pas la sécurité et il ne
sera pas cru, même s'il déclare que son for-intérieur est bon ."
Rapporté par al-Boukhari dans le livre des témoignages.

Donc une personne qui nous montre l'islam (je dis bien l'islam, et non des signes partagés avec adorations de l'islam pratiquées également par les mécréants), nous le jugeons comme notre frère, et on ne se soucie pas de se que cache son
coeur. Et ceci est une réponse à ceux qui utilisent le verset "ne dites pas à quiconque vous adresse le salut (de l'Islam): «Tu n'es pas croyant»"(sourate an-nisa,verset 94 tr.ap). En effet, selon l'avis des moufassirins, ce verset a été révélé à propos d'un compagnon qui avait tué une personne qui avait prononcé la shahada, sous prétexte qu'il le suspectait
d'hypocrisie. Mais seul ALLAH -'azawajal- possède cette science à propos des gens. Et la liste des hypocrites détenue par 'AbdOULLAH ibn Mass'oud -radhiALLAHou ranhou- n'est plus mise à jour depuis la mort du prophète -salALLAHou 'alayhi wa salam-.

Dans un état islamique par exemple, on juge tout le monde sur l'islam jusqu'à preuve du contraire.

Les conditions pour qu'un état soit qualifié d'"islamique" (dawla islamiyyah) sont au nombre de trois:

Que les dirigeants du pays soient musulmans même si la population ne l'est pas. Se fut le cas par exemple après la conquête de la perse. Les autochtones restèrent sur leur religion (le zoroastrisme). Sachant que c'étaient les musulmans qui dirigeaient le pays, la Perse fut donc considérée comme une dar al-islam.
Il est à noter qu'il existe une divergence entre les fuqahas, à savoir si les majous (zoroastriens) ont le même statut que les gens du livre (ahl ul kitab). Aussi, il est important de préciser que dans le cas ou un gouverneur mécréant cache sa 3aqida (qu'il est en réalité un mounafiq), les musulmans présents sur cette terre ne sont aucunement responsables, et la terre garde son statut initial.
De la même manière, si il apparait chez un gouverneur une mécréance ne faisant pas partie du asl, il faut alors lui exposer son égarement de la meilleur des manières avant d'appliquer sur lui le takfir (cf. les propos de l'imam Ahmed -rahimahOULLAH à propos du khalife al-Ma'moun ibn Haroun ar-Râchid).  
Cependant si ce dernier montre sa mécréance au grand jour, il est obligatoire pour les musulmans de se soulever contre lui. S'ils sont dans l’impossibilité de le faire ou qu'ils sont en minorité (ALLAH -'azawajal- ne chargeant pas une âme plus qu'elle ne peut supporter), ils doivent faire la hidjra vers une terre d'islam. S'ils restent malgré tout sur cette terre, ils sont alors dans une situation de péché et la terre traverse progressivement une phase de "dar al-ilhad" (terre d'apostasie) puis de "dar al-koufr" (cela variant en fonction du degré de résistance dont fait preuve la population du pays). Le principe de la taba'3iyyah (jugement d'appartenance) s'applique alors sur ce peuple dans le cas ou ce dernier suit son gouverneur dans sa mécréance ou encore ne se désavoue pas de lui. Pour le jugement de base sur une population désavouant son koufr et appliquant le takfir sur lui mais continuant à résider dans ce pays, c'est un sujet de divergence, wALLAHou a3lem.

Que la chari'a soit appliquée, ce qui en soit n'est qu'une implication de la première condition susmentionnée (un gouverneur musulman étant celui qui applique la chari'a).

Que le koufr et le shirk ne soit pas ou presque pas visible dans la société. Si certaines formes de mécréance apparaissent dans le pays,mais qu'elles sont dissimulées et combattues par le gouverneur en poste, la terre garde son statut de "terre d'islam".
En effet, à l'époque du prophèete -salALLAHou 'alayhi wa salam-, plusieurs groupes hétérodoxes ont surgis et ont montrés leur mécréance au sein même de la communauté musulmane. Par exemple, le kharidji qui refusa de se soumettre au jugement du prophète ou encore le le ansari qui demanda le jugement au taghout Ka'b bn Achraf. On peut citer également comme exemple le cas de 'AbdALLAH ibn Saba' -la'natOULLAHou 'alayhi- et de son groupe qui déifièrent le prince des croyant 'Ali ibn abi Talib -radhiALLAHou 'anhou-. Tous furent combattus par les compagnons, certains furent tués. Mais leur présence
au sein de la société musulmane ne changea rien au statut de la terre, et les gens continuèrent d'être jugés selon leur apparence.

En ce qui concerne les populations non-musulmanes en terre d'islam, elles ne peuvent être que des gens du livre payant un impôt de jiziyah (ahl udh-dhimma). Elle se compose de juifs, de nazaréens, de sabéens (groupe ne reconnaissant que le ministère du prophète Yahya -'alayhi salam- présent surtout en Irak, wALLAHou a'lem) et selon certains savants les zoroastriens, en vertu du hadith du prophète -salALLAH 'alayhi wa salam-: "Agissez envers les majous de la même manière qu'avec les gens du livre". Les gens du livre ne sont cependant pas tolérés dans la péninsule arabique comme cela fut rapporté dans la sounna, et ils en furent chassés sous le califat de 'Omar ibn al-Khattab -radhiALLAHou 'anhou-.

Pour ce qui est de ces populations présentes en terre d'islam, elles  sont soumises au port du "zounar", qui est un vêtement les distinguant des musulmans. Donc la différenciation entre les deux catégories de personnes est rapidement faite. Si un musulman venait à se tromper en jugeant musulman un kafir qui ne porterait par l'habit de distinction, il est excusé, et plusieurs athars témoignent de cela dans adhab al-moufrad de l'imam al-Boukhari.

Concernant le jugement en apparence dans une terre de koufr, c'est un sujet de divergence [1] (je parle bien du jugement d'apparence, et non du jugement d'appartenance). En effet, certains savants tels Hammad ibn 'Atiq -rahimahOULLAH- voient qu'on juge mécréant quelqu'un qui montre des signes d'islam en dar al-koufr en présence d'une terre d'islam comme c'était le cas à son époque avec le royaume des Sa'oud. En effet, ces derniers n'avaient aucune raison d'être ailleurs que dans un état islamique selon lui. Des histoires similaires sont rapportées également par les savants qui vécurent à l'époque des 'oubaydiyyins d'Egypte.

En ce qui concerne la parole rapportée par l'imam Ahmed -rahimahOULLAH- , elle désigne ce sujet qui est le jugement en apparence (en effet, si sa avait concerné le jugement d'appartenance, il n'aurait pas formulé cette parole sous la forme d'un conseil, car on aurait parlé ici du asl ad-din. Mais le sujet de la création du qur'an (qui est la bid'a moukaffirat répandue à l'époque) ne fait pas partie du asl à mes yeux, mais la houjja est nécessaire pour appliquer le takfir sur celui qui profère une telle croyance. La preuve en est que l'imam Ahmad en question a prié derrière le khalife Al-Ma'moun ibn Haroun ar-Râchid qui appelait à cette 'aqida déviante et qu'il a appelé à ne pas se révolter contre lui. Ibn Taymiyya et d'autres savants parmi les salafs ont bien expliqué ce sujet. (Je sais que certaines personnes sur le forum ne partagent pas mon opinion sur le sujet, et ALLAH demeure le plus savant).

2° Le jugement d'appartenance.


Cela consiste à juger sur le koufr un individu précis d'une communauté mécréante, et de ne pas arrêter le jugement à son sujet (tawaqouf). Et ceci est une composante intégrante de la base de la religion (asl ad-din) et un sujet clair pour n'importe quel musulman.

Exemple
illustratif: Si demain, en France, tout les mécréants (juifs, nazaréens, bouddhistes; etc...)  se mettaient à faire la prière de la même manière que la prière faite par les musulmans, mais sans pour autant prononcer l'attestation de foi (shahada); les jugerions nous sur l'islam du fait que nous les voyons accomplir cette prière? (c'est ce que l'on appelle un signe partagé une adoration de l'islam pratiquée par des mécréants).

Bien sur que non, et pour plus de détail, se référer au texte de Abou Nakhla sur le sujet incha'ALLAH.


   

Commentaire Abu Usâmah  
l> [1] Le
frère Abou `AbdiLLAH a affirmé au téléphone qu'il s'est mal exprimé ;
et qu'il n'a jamais voulu viser ici, qu'il y a une divergence dans le
sens où il faut faire iqamat al hujja à celui qui juge sur un signe
partagé.


Dernière édition par Admin le Mer 9 Sep - 13:29, édité 3 fois (Raison : editions en orange)
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AbouAbdILLAH al-mouwahhid
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MessageSujet: Re: Les jugements d'apparence et d'appartenance...   Lun 26 Sep - 15:53

BismILLAHi rahmani rahim.

As-salam 'ala man ittaba'a al-houda.

Je confirme se qu'à dit le frère Abou Oussama. Voilà ce que j'ai voulu dire:

Par rapport à la parole du cheikh Hammad ibn 'Atiq:

Les termes en français peuvent parfois prêter à confusion. En effet, le jugement d'appartenance (houkm at-taba'iyya) ne fait l'objet d'aucune divergence, en vertu de ce qui a été dit dans le texte précédant.

Maintenant ce qui est sujet à divergence (c'est une supposition de ma part et ma façon d'interpréter les paroles de certains savants, si quelqu'un en a une meilleur elle est la bienvenue):

Si dans une terre de koufr (gouvernée par des kouffars), on trouve un groupe de musulmans (dont on a connaissance de la 'aqida), les jugent-on à l'islam si on vient à les rencontrer sachant qu'il existe une terre d'islam quelque part sur terre et qu'il n'ont pas fait la hidjra afin de rejoindre cette terre d'islam (ils sont donc dans une situation de péché et n'ont aucune raison pour continuer à résider au sein d'une terre de mécréance).

Exemple: En Egypte durant le règne des 'oubaydiyyins, le pays fut gouverné par des moushrikins, pourtant le peuple n'a pas apostasié de l'islam pour autant (contrairement aux communautés associatrices de nos jours qui ont suivis au fil des années leurs tawâghits respectifs dans la religion "démocratique").
Les habitants de l'Egypte étaient donc dans l'obligation de faire la hidjra. Donc si un voyageur aurait croisé une personne en Egypte à cette époque, devrait-elle la juger sur l'slam? Ici réside la divergence, wALLAHou a'lem.

Notre cas est complètement différent du leur, car il n'existe plus aucune terre d'islam actuellement. Mais dans le cas contraire, il nous serait interdit continuer à résider dans nos pays respectifs, wALLAHou a'lem.

Wa as-salam 'ala man ittaba'a al-houda.
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