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 L'ISLAM, C'EST LA CIVILISATION(extrait du livre jalon de sayyid qoutb rahimaouAllah)

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Abou_Sem
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MessageSujet: L'ISLAM, C'EST LA CIVILISATION(extrait du livre jalon de sayyid qoutb rahimaouAllah)   Ven 23 Déc - 16:19

L'ISLAM, C'EST LA CIVILISATION

L'Islam ne connaît que deux genres de sociétés : la société musulmane et la société idolâtre. « La société musulmane » est celle qui applique les règles de l'Islam par la foi et l'adoration, par l'organisation et la législation, par la création et le comportement. Quant à la société idolâtre, c'est celle qui n'applique pas les règles de l'Islam, et ne suit pas les directives de la foi et les conceptions, les valeurs, l'organisation et les législations de l'Islam, dans sa création et son comportement.

La société musulmane n'est point une société qui englobe des gens qui se qualifient de Musulmans, alors que la législation musulmane n'est pas la règle de cette société, même si elle accomplit les rites de la prière, du jeûne et du pèlerinage !

De même la société musulmane n'est point une société qui crée pour elle-même un Islam à sa propre mesure - en contradiction avec ce que Allah a décidé et ce que Son Envoyé-Messager صلى الله عليه وسلم a expliqué - qu'elle appellerait l'Islam évolué !

La société idolâtre peut se présenter sous différentes formes, toutes idolâtres. Elle peut se présenter sous la forme d'une société qui nie l'existence d’Allah, Le Très-Haut. Elle explique également l'histoire par une analyse matérielle et dialectique et applique dans sa vie ce qu'elle appelle le socialisme scientifique.

Elle peut se présenter sous la forme d'une société, qui ne nie pas l'existence d’Allah, Le Très-Haut, mais qui Lui attribue seulement le pouvoir sur les cieux et Lui spolie le pouvoir sur la terre. Elle n'applique guère Sa législation en tant que règle dans la vie. Elle ne se réfère pas aux valeurs qu’Allah a instituées d'une façon définitive pour l'organisation de la vie humaine. Elle permet aux gens d'adorer Allah dans les temples, les églises et les mosquées, mais elle leur interdit de demander le droit d'appliquer la Législation d’Allah dans leur vie. Elle nie ainsi ou empêche l'accomplissement du Pouvoir de Allah sur la terre:

« C'est Lui qui est Dieu dans le ciel et Dieu sur terre; et c'est Lui le Sage, l'Omniscient ! »
(Sourate L'Ornement, Verset 84 traduction approché)

Ainsi cette société ne peut prétendre appartenir à la religion d’Allah Qui a précisé:

« Le pouvoir n'appartient qu'à Allah. Il vous a commandé de n'adorer que Lui. Telle est la religion droite »
(Sourate Joseph, Verset 40 traduction aproché)

Cette société sera considérée donc comme une société idolâtre bien qu'elle croie à l'existence d’Allah, Le Très-Haut, et bien qu'elle permette aux gens d'accomplir les rites religieux dans les temples, les églises et les mosquées.

La société musulmane - avec ses caractéristiques précitées - est la seule société civilisée. Quant aux sociétés idolâtres - sous ses différentes formes - elles ne sont que des sociétés sous-développées ! Il est toutefois indispensable d'expliquer cette grande vérité.

Il m'est arrivé une fois d'avoir annoncé la parution de l'un de mes livres qui était sous presse et qui portrait le titre : « Vers une société musulmane civilisée ». Ensuite j'ai modifié le titre en enlevant civilisée et en ne gardant dans le titre que ce qui comporte le sujet soit « Vers une société musulmane ».

Cette modification a attiré l'attention d'un écrivain algérien (l’écrit en français) qui prétendit que les mobiles de cette modification proviennent d'une réaction auto-défensive de l'Islam. Il regrette que cette réaction - inconsciente - m'empêche d'affronter le problème sous sa forme exacte !

Je ne fais pas de reproches à cet écrivain. Auparavant j'étais comme lui. Je pensais de la même façon qu'il pense aujourd'hui lorsque pour la première fois j'ai eu l'idée d'écrire à ce sujet… Le problème de la qualification de la civilisation.

Je ne me suis pas libéré alors de la pression des séquelles culturelles qui étreignaient mon esprit et mon âme. C'étaient des séquelles provenant de sources étrangères qui n'ont aucun lien avec mon tempérament islamique. Et malgré ma tendance islamique bien claire à cette époque, ces séquelles brouillaient ma conception de la civilisation - comme celle de l'esprit européen - brouillait ma propre conception et m'empêchait de voir clair.

Ensuite la situation s'est éclaircie et j'ai pu distinguer que la société musulmane est la vraie société civilisée; alors le mot civilisé s'avéra nul et ne peut rien ajouter de neuf. Par contre, il peut transmettre au sens du lecteur ces ombres étrangères et mystérieuses qui brouillaient jadis ma conception et m'empêchaient de voir clair.

Le désaccord consiste donc au sujet de la qualification de la civilisation. Il est indispensable donc d'éclaircir cette vérité !


* **

Lorsque le Pouvoir suprême appartient dans une société à Allah Seul - pouvoir représentée par le règne de la législation d’Allah. C'est la seule situation dans laquelle les individus sont entièrement et réellement libérés de l'adoration de leurs semblables. Ce sera ainsi la civilisation humaine, parce que la civilisation de l'homme exige une base essentielle de l'entière et réelle libération de l'homme et une dignité absolue pour tout individu dans la société.

Réellement il n'y a ni liberté, ni dignité pour l'homme - n'importe quel homme - dans une société dont une partie se compose de seigneurs qui commandent et l'autre partie d'esclaves qui obéissent !

Nous devons faire remarquer, que la législation ne se limite pas aux lois juridiques - comme il est sous-entendu aujourd'hui du mot législation. En effet, les conceptions, les méthodes, des valeurs, les règles, les traditions et coutumes... Tout cela entre dans le cadre de la législation à la pression de laquelle les individus se soumettent.

Lorsque dans une société les individus exercent les uns sur les autres de pareilles pressions, et que les uns se soumettent aux pressions des autres, cette société ne peut prétendre être libre. C'est une société dont une partie se compose de seigneurs et la deuxième d'esclaves comme nous venons de le signaler précédemment. Pour cette raison on ne peut à considérer, que comme une société sous-développée ou, si on emploie le terme islamique, une société idolâtre. La société musulmane est la seule société qui se soumette à un seul Dieu ; et ses fidèles ne vouent d'adoration qu'à Allah Seul. Ils se libèrent ainsi totalement et réellement de l'adoration de leurs semblables comme le voudraient la civilisation et la dignité humaine qu’Allah a instituées pour l'homme ici-bas.


* * *



Lorsque la base essentielle qui réunit une société est la foi, la conception, l'idée, et la méthode de la vie et que tout cela émane d'un seul Dieu, cette société représente ce qu'il y a de mieux des caractéristiques humaines. Ce Dieu représente la haute souveraineté sur les êtres et n'é­mane pas de plusieurs seigneurs sur la terre qui représentent la domination des êtres sur leurs semblables. Celles-là sont les caractéristiques de l'âme et de l'esprit. Au contraire: lorsque la base essentielle qui réunit une société est la race, la couleur, le tribalisme et la terre, il est évident que ce ne sont points là les hautes caractéristiques de l'homme.

L'homme demeure toujours au-delà de la race, de la couleur du tribalisme et de la terre ; mais il ne peut demeurer homme au-delà de l'âme et l'esprit ! De même l'homme a le pouvoir - par son libre choix - de changer sa foi, sa conception, son esprit et la méthode de sa vie, mais il n'a le pouvoir de changer ni de couleur, ni de race. La société qui réunit des gens autour d'un sujet qui concerne leur libre choix est réellement une société civilisée. Au contraire, ceux qui se réunissent pour des raisons en dehors de leur propre volonté humaine forment une société sous-développée ou une société idolâtre selon la qualification islamique.

La société musulmane est la seule société où la foi représente le lien essentiel et où la foi est considérée comme la nationalité qui rassemble le noir, le blanc, le rouge, le jaune, l'Arabe, le Romain, le Persan, l'Ethiopien et toutes les races de la terre en une seule nation. Leur Dieu est Allah et ils ne vouent d'adoration qu'à Lui. Le mérite dans cette nation revient au plus humble et tous les gens qui composent cette nation sont égaux. Ils se soumettent tous aux législations qu’Allah et non à celles que leurs semblables ont instituées pour eux.


* * *



Lorsque l'humanité de l'être humain est considérée dans une société comme étant la valeur supérieure et que les caractéristiques humaines sont honorées et considérées, cette société peut prétendre être civilisée. C'est au contraire que lorsque la matière - sous toutes ses formes est considérée comme étant la valeur supérieure. Que ce soit sous la forme (théorique) comme le prétendait l'analyse marxiste de l'histoire ou sous la forme "de la production matérielle" comme cela est de cours en Amérique, en Europe et au sein de toutes les sociétés, qui considèrent que la production matérielle est une grande valeur pour laquelle toutes les valeurs et caractéristiques humaines doivent être sacrifiées. Ce genre de société est réellement sous-développé, ou, selon la qualification islamique, idolâtre.

La société civilisée...islamique… ne méprise pas la matière, que ce soit sous la forme théorique en considérant que l'univers dans lequel nous vivons se compose de la matière. Cet univers dont nous subissons les influences et sur lequel nous exerçons les nôtres. Ou que ce soit sous la forme de la production matérielle car la production matérielle est l'un des éléments qui composent le don d’Allah à l'homme ici-bas. Mais elle n'est guère la valeur la plus importante. Et pour laquelle il est permis de sacrifier la liberté et la dignité de l'individu, et pour laquelle il est permis de sacrifier la base et les fondements de la famille. Et pour laquelle il est permis de sacrifier la morale et les grandes valeurs de la société... Et tout ce que sacrifient les sociétés idolâtres de grandes valeurs, de qualités et de valeurs morales pour réaliser une grande rentabilité dans la production matérielle !

Lorsque les valeurs humaines et la morale humaine sur laquelle elles se basent, règnent au sein d'une société, elle peut se considérer comme civilisée. Les valeurs humaines et la morale ne sont pas une question imprécise. Ni même des valeurs qui évoluent et changent continuellement, sans être stables ni avoir d'origine comme le prétendent l'analyse pratique de l'histoire, et le socialisme scientifique.

Elles sont toujours les mêmes valeurs et la même morale, qui animent dans l'homme les caractéristiques humaines qui le distinguent de l'animal et qui soutiennent en lui ce côté si particulier qui l'éloigne de l'animal. Elles ne sont guère ces valeurs et cette morale qui animent dans l'homme les mêmes caractéristiques qu'il partage avec l'animal.

Lorsque la question est posée de cette façon, elle ne suppose plus d'ambiguïté et d'imprécision et elle marque une ligne finale et décisive. Ce qui contredit les tentatives des progressistes et des socialistes scientifiques !

Le savoir-faire du milieu ne peut donc établir les valeurs morales qui doivent avoir une échelle stable et durable. Il ne peut y avoir donc des valeurs et une morale agricoles d'autres industrielles, des valeurs et une morale capitalistes et d'autres socialistes ni de valeurs et une morale bourgeoises et d'autres populaires ! Il ne peut y avoir de morale dictée par le milieu, le niveau de vie et la nature de la période... ni par des changements superficiels et de pure forme... Mais il y a et devrait y avoir derrière tout cela des valeurs et une morale humaines, comme il devrait exister des valeurs et une morale animales - si on peut employer ce terme -. Ou pour les désigner par la qualification islamique, il y a des valeurs et une morale islamiques et des valeurs et une morale idolâtres.

Ce qui dicte les valeurs et la morale de l'Islam c'est cette humanité. C'est-à-dire les caractéristiques qui distinguent l'homme de l'animal. L'Islam continue à renforcer ces caractéristiques et à les préserver dans les sociétés qui croient à ses principes. Qu'elles soient des sociétés qui traversent une impulsion agricole ou industrielle, qu'elles soient des sociétés provinciales qui vivent des champs ou des sociétés citadines et bien établies, qu'elles soient des sociétés pauvres ou riches. L'Islam élève les caractéristiques humaines et les préserve du risque de tomber au niveau animal. Puisque l'échelle des valeurs monte à partir du niveau animal jusqu'à la marche humaine. S'il advient - avec la civilisation matérielle - une rechute, on ne peut considérer cette société une civilisation et ainsi et on ne peut l'appeler que sous-développement ou idolâtrie !

Lorsque la famille est considérée comme étant la base de la société, et qu'elle s'édifie sur le principe du partage des rôles entre les époux. Et lorsque le soin de la génération montante est confié à la famille, on peut considérer qu'une pareille société est civilisée. La famille qui suit cette règle au sein de la société musulmane est le milieu qui peut à juste titre développer les valeurs et la morale humaines, comme nous l'avons signalé dans le précédent article. Ces valeurs et cette morale ne peuvent voir le jour au sein d'aucune unité autre que l'unité familiale.

Par contre, lorsque les liaisons sexuelles libres, comme ils les appellent et les naissances illégales sont la base de la société, lorsque les liaisons entre les sexes se nouent sur la base de l'amour du vice, de l'élan et des passions et non sur la base du devoir, du partage des rôles au sein de la famille. Lorsque le rôle de la femme se borne à la toilette, au flirt et à la coquetterie et qu'elle abandonne sa tâche essentielle qui consiste à prendre soin de la nouvelle génération… Lorsque la femme préfère être une hôtesse dans un hôtel, sur un bateau ou à bord d'un avion ou que la société préfère la voir dans ce rôle. Lorsqu'elle dépense son énergie dans la production matérielle et l'industrialisation des objets au lieu de la dépenser dans la production humaine parce que, à ce moment la production matérielle est plus rentable et plus chère que la production humaine... Lorsque cela arrive, il est convenu d'appeler cela sous-développement de la civilisation du point de vue humain, ou d'appeler cela selon le terme islamique idolâtrie.

La question de la famille et les relations entre les deux sexes est une question décisive dans la précision de la qualité de la société sous-développée ou civilisée, idolâtre ou islamique !

Les sociétés soumises aux valeurs, à la morale et aux tendances animales dans ce genre de relations ne peuvent être des sociétés civilisées, quoiqu'elles puissent atteindre sur les plans industriels, économiques ou scientifiques ! Ce moyen ne peut s'avérer faux pour mesurer le niveau de progrès humain.

Dans les sociétés idolâtres modernes la notion de la morale se rétrécit au point de ne plus pouvoir distinguer entre tout ce qui a un lien humain de ce qui a un caractère animal. Dans ces sociétés les liaisons sexuelles illégales et même les liaisons sexuelles contre nature ne sont pas considérées comme un défaut. Puisque la notion de la morale se limite aux tractations économiques et parfois politiques dans les limites de l'intérêt de l'Etat.

Le scandale de Christine Keller avec le ministre britannique Profuma - par exemple - n'était pas considéré aux vues de la société anglaise comme scandale en raison de son côté sexuel. Mais parce que Christine Keller était l'amie en même temps de l'attaché militaire de l'ambassade russe à Londres, d'où il y a un danger - dans les relations du ministre britannique avec cette cover-girl pour les secrets de l'Etat britannique. De pareils scandales dans le Sénat américain et les scandales des espions et des fonctionnaires anglais et américains qui se sont sauvés à l'est, n'étaient pas considérés comme des scandales pour leur côté sexuel. Mais à cause du danger qu'ils représentent pour les secrets de l'Etat.

Les écrivains, les journalistes et les dramaturges dans les sociétés idolâtres partout dans le monde ont franchement expliqué aux jeunes filles et aux épouses que les liaisons libres ne sont pas des défauts moraux. Mais le vrai défaut moral soit de trahir son partenaire, le vrai défaut consiste aussi à ce que l'épouse essaie de préserver sa pureté alors qu'elle n'a plus d'attachement sentimental avec son époux ! Dans pareil cas, la pureté exige que cette épouse se mette à rechercher une ami à qui elle donne son corps !...

Des dizaines de récits tournent autour de ce sujet. Et des centaines de conseils sous forme d'informations, de caricatures, d'histoires drôles illustrent cette idée.

De pareilles sociétés ne sont que des sociétés sous-développées, non civilisées du point de vue humain et en considération de la ligne du progrès humain.

La ligne de bonne conduite et du progrès humain évolue vers le retiens des excès bestiaux et leur limitation au sein de la famille sur la base du devoir. Ceci pour qu'ils puissent relever ainsi une tâche humaine dont la jouissance n'est point le but. Mais le but est de préparer une génération humaine qui hérite de la présente génération la civilisation humaine qui se distingue par les caractéristiques humaines. On ne peut élever une génération qui se distinguerait par ses caractéristiques humaines et s'éloignerait des habitudes animales qu'au sein d'une famille entourée de garanties de sûreté et de stabilité sentimentale. Une famille érigée sur la base du devoir qui ne bascule pas avec les excès accidentels. Au contraire, dans la société érigée sous l'influence des orientations et des insinuations venimeuses et pernicieuses, et dont la notion morale est très limitée et dépourvue de morale sexuelle, il n'y aurait pas de valeur humaine.

Pour toutes ces raisons il n'y a que les valeurs, la morale, les insinuations et les garanties islamiques qui sont dignes de l'homme. L'Islam est la seule civilisation et la société musulmane est la seule société civilisée avec les mêmes considérations qui sont stables et permanentes.

Et finalement, lorsque (l'homme) tient le rôle qu’Allah lui a assigné ici-bas. En adorant uniquement son Créateur et en appliquant l'unique législation divine, en refusant de reconnaître la légalité des méthodes des créatures et en appliquant uniquement la règle d’Allah dans sa propre vie. Selon les valeurs et la morale qu’Allah a instituées pour lui et en évitant les fausses valeurs et fausse morale et faisant connaissance ensuite avec les règles universelles qu’Allah a mises dans cet univers matériel. Et en appliquant ces règles pour le relèvement de la vie et en recherchant les énergies et les richesses qu’Allah a enfouies dans la terre et a fait que les règles universelles soient les clefs de ces richesses et a donné à l'homme la force et le savoir pour pouvoir manier ces clefs dans la mesure. Où il ne dévie pas de la règle qu’Allah lui a assignée et ainsi l'homme peut à bon escient faire jaillir les sources de la fortune, industrialiser les matières premières. Etablir les différentes industries et employer toutes les expériences techniques découvertes tout au long de l'histoire de humanité, si l'homme accomplit tout cela, il accomplira le devoir qu’Allah lui a assigné ici-bas. Cet homme sera d'une civilisation parfaite et sa société atteindra le niveau le plus haut de la civilisation. Quant à la seule avance matérielle, elle ne peut signifier, pour l'Islam, la civilisation et elle ne peut que ressembler à l'idolâtre ou être l'idolâtrie même.

Allah a en effet cité plusieurs exemples de ce haut progrès matériel en parlant de l'idolâtrie :

« Bâtissez-vous par frivolité sur chaque colline un monument ? Et édifiez-vous des châteaux comme si vous deviez demeurer éternellement ? Et quand vous sévissez contre quelqu'un, vous le faites impitoyablement. Craignez Allah donc et obéissez-moi. Craignez Celui qui vous a pourvus de [toutes les bonnes choses] que vous connaissez, qui vous a pourvus de bestiaux et d'enfants, de jardins et de sources. Je crains pour vous le châtiment d'un Jour terrible. »
(Sourate Les Poètes, Versets 128-135 traduction rapproché)



« Vous laissera-t-on en sécurité dans votre présente condition ? Au milieu de jardins, de sources, de cultures et de palmiers aux fruits digestes ? Creusez-vous habilement des maisons dans les montagnes ? Craignez Allah donc et obéissez-moi. N'obéissez pas à l'ordre des outranciers, qui sèment le désordre sur la terre et n'améliorent rien›. »
(Sourate Les Poètes, Versets 146-152 traduction raproché)



« Puis, lorsqu'ils eurent oublié ce qu'on leur avait rappelé, Nous leur ouvrîmes les portes donnant sur toute chose (l'abondance) ; et lorsqu'ils eurent exulté de joie en raison de ce qui leur avait été donné, Nous les saisîmes soudain, et les voilà désespérés. Ainsi fut exterminé le dernier reste de ces injustes. Et louange à Allah, Seigneur de l'Univers ! »
(Sourate Les Bestiaux, Versets 44-45)



« La vie présente est comparable à une eau que Nous faisons descendre du ciel et qui se mélange à la végétation de la terre dont se nourrissent les hommes et les bêtes. Puis lorsque la terre prend sa parure et s'embellit, et que ses habitants pensent qu'elle est à leur entière disposition, Notre Ordre lui vient, de nuit ou de jour, c'est alors que Nous la rendrons toute moissonnée, comme si elle n'avait pas été florissante la veille. Ainsi exposons-Nous les preuves pour des gens qui réfléchissent. »
(Sourate Jonas, Verset 24 traduction rapproché)

Mais l'Islam comme nous l'avons signalé précédemment ne méprise pas la matière, ni le progrès matériel, mais il situe ce genre de progrès dans le cadre de la religion d’Allah et le considère comme un don d’Allah pour Ses créatures en contrepartie de l'obéissance qu'ils Lui vouent :

« J'ai donc dit : ‹Implorez le pardon de votre Seigneur, car Il est grand Pardonneur , pour qu'Il vous envoie du ciel, des pluies abondantes, et qu'Il vous accorde beaucoup de biens et d'enfants, et vous donne des jardins et vous donne des rivières. »
(Sourate Noé, Versets 10-12 tradcution rapproché)

« Si les habitants des cités avaient cru et avaient été pieux, Nous leur aurions certainement accordé des bénédictions du ciel et de la terre. Mais ils ont démenti et Nous les avons donc saisis, pour ce qu'ils avaient acquis. »
(Sourate Les limbes, Verset 96 traduction rapproché)



Ce qui importe surtout, c'est la base sur laquelle doit s'ériger le progrès industriel et les valeurs qui doivent prévaloir dans la société, et dont l'ensemble compose les caractéristiques de la civilisation humaine.

Par ailleurs, la base de départ de la formation de la société musulmane et la nature de sa symbiose la rendent unique et l'empêchent de se soumettre aux théories qui expliquent les phénomènes de formation de sociétés idolâtres. Puisque la société musulmane est née de l'action et elle continue d'être la promotrice de cette action qui situe la valeur et l'importance des gens, leur attribue ainsi les tâches et leur précise leur mission.

L'action qui fait naître une telle société est dictée d'une autre sphère que de la terre et n'est point l'acte de milieu de la créature humaine. Elle représente une foi dictée par Allah aux hommes. Elle leur crée une conception spéciale pour l'existence, la vie, l'histoire, les valeurs et les buts et leur délimite une méthode de travail qui concrétise cette conception.

La première poussée qui a lancé cette action n'était pas l'acte d'êtres humains ; elle n'est point l’œuvre de la matière de l'univers. Comme nous l'avons signalé précédemment, cette action était dictée du dehors de la sphère terrestre et du dehors du cadre humain. Ce qui représente la première caractéristique de la nature de la société musulmane et de sa formation.

Par cet élément inattendu et qui est en dehors de la volonté humaine s'accomplissent les premiers pas de l'action dans la formation de la société islamique. Elle s'accompagne du travail de l'homme. Un homme qui croit à cette foi qui lui est descendue d'une source inconnue, par la Volonté d’Allah seul. Lorsque cet homme commence à croire à cette foi, l'existence de la société musulmane commence à être de droit. L'homme seul ne peut recevoir les principes de cette foi et se replier sur lui-même... il doit réagir, comme l'exige la nature de cette foi. La Force supérieure Qui a inspiré un cœur de la foi sait pertinemment qu'elle doit le dépasser sans aucun doute ! Et la poussée active qui l'a amenée jusqu'à ce cœur devrait la conduire encore plus loin.

Lorsque cette foi touche trois personnes, elle leur dira : « Vous êtes maintenant une société, une société musulmane indépendante, qui n'a aucun lien avec la société idolâtre qui ne croit ni à cette foi ni à ses valeurs essentielles » ; à partir de ce moment on peut considérer que la société musulmane existe réellement.

Les trois croyants passent au nombre de dix, les dix passent à cent, les cents passent à mille, les mille passent à douze mille. Ainsi apparaît l'existence de la société musulmane et se précise !

Entre ces faits, la bataille entre la société naissante qui se serait détachée avec sa foi et sa conception et la société idolâtre se serait ouverte, et la société naissante évoluera de l'action de départ à l'existence pratique et indépendante. Tout membre de la nouvelle société aura eu son rôle et aura su sa valeur selon les impératifs, les exigences et les considérations islamiques.

Mais l'action, qui est le cachet même de la foi musulmane et le cachet de la société que cette foi a faite naître, ne permet à personne de se replier sur soi-même. Tous les membres de la société naissante doivent bouger, car l'action imprègne leur foi et emplit leur sang devant la société idolâtre qui guette et le combat continue. La lutte va se poursuivre jusqu'au Jour de la Résurrection.

Au cours de l'action, la situation de chaque individu doit se préciser au sein de cette société. Chacun saura sa tâche et la formation organique de cette société s'accomplit en complète harmonie entre l'ensemble de ses membres et l'ensemble des tâches qui les attend.

Cette naissance et cette formation sont deux des caractéristiques de la société musulmane qui la distinguent des autres sociétés. Elles distinguent des autres sociétés et qui distinguent son existence, sa composition, son style, sa forme, son organisation et les modalités d'exécution de cette organisation et font que ses traits soient indépendants. On ne peut les traiter par des notions étrangères à sa propre nature et on ne peut la soumettre à l'étude par une méthode étrangère à sa propre nature.

La société musulmane, comme cela apparaît dans notre chapitre sur la définition de la civilisation, n'est point une simple photographie historique qu'on recherche dans les souvenirs du passé. Mais au contraire ce sont les étudiants du présent et l'espoir de l'avenir, c'est le but pour lequel doit aspirer toute l'humanité aujourd'hui et demain; pour sortir du gouffre de l'idolâtrie dans lequel elle se trouve. Pour qu'il s'agisse de nations développées industriellement et économiquement ou de nations sous-développées.

Les valeurs auxquelles nous avons fait allusion globalement, sont des valeurs humaines que l'humanité n'a pu atteindre que pendant la période de la civilisation islamique. Nous devons signaler que l'emploi du terme civilisation islamique ici signifie la civilisation pourvue de toutes les valeurs humaines et non celle qui signifie un progrès industriel économique ou scientifique quelconque.

Ces valeurs ne sont pas exemplaires irréelles, mais de valeurs réalistes et pratiques qu'on peut atteindre par l'effort humain - dans le cadre des notions islamiques exactes. Chaque milieu peut jouir de ces valeurs compte non tenu du genre de ce milieu, de son progrès industriel, économique ou scientifique. Puisque ces valeurs ne vont pas à l’encontre d'aucun progrès, bien au contraire, elles encouragent par la langage idéologique le progrès dans tous les domaines de la science humaine. La civilisation peut atteindre tout endroit et tout milieu, s'ils croient à ces valeurs. Quant aux formes matérielles que peut revêtir la civilisation, elles n'ont pas de limites, car dans chaque milieu, elles emploient les capacités existantes et elles les développent.

La société musulmane n'est donc pas du point de vue de sa physionomie, de sa forme et du genre de sa vie, une photographie historique rigide. Quant à son existence et sa civilisation, elles se basent sur des valeurs historiques permanentes. Lorsque nous disons 'historique' ,cela signifie que ces valeurs sont apparues pendant une certaine période de l'histoire, mais leur nature n'a aucun lien avec le temps. C'est une vérité que l'humanité a puisée de la Source divine; ce qui dépasse la réalité humaine et l'existence matérielle en même temps.

Quant à la civilisation islamique, elle peut prendre des formes différentes dans sa physionomie et sa composition matérielle, tandis que les origines et les valeurs sur lesquelles elle se base, sont permanentes. C'est parce qu'elles sont les composantes de cette civilisation. C'est à dire n'adorez qu’Allah Seul sans associé, la foi est le lien qui réunit cette société, et l'importance donnée à l'humanité de l'homme sur la matière, la souveraineté des valeurs humaines qui développent l'humanité de l'homme et non sa bestialité, la dignité de la famille, le règne de la Législation d’Allah sur la terre, l'application de la méthode et la législation d’Allah dans la vie).

Les formes de la civilisation islamique, qui reposent sur ces bases solides, subissent l'influence du niveau du progrès industriel, économique ou scientifique, parce qu'elle emploie ce qui existe dans chaque milieu de ces différents progrès. Ainsi est-il utile que les formes diffèrent, il est indispensable qu'elles diffèrent pour garantir la souplesse indispensable pour l'entrée de tous les milieux et les niveaux dans le cadre islamique. Cette souplesse dans les formes extérieures de la civilisation n'est pas imposée à la foi islamique, mais elle est de sa propre nature. La souplesse est loin de signifier la mollesse, la distance entre ces deux termes étant grande.

L'Islam répandait la civilisation en pleine brousse africaine dans les tribus nudistes. Dès que l'Islam apparaissait, les corps nus se couvraient et les gens rentraient dans la civilisation de l'habillement que conseillaient les directives islamiques. Les gens abandonnaient d'autre part leur paresse et s'adonnaient au travail orienté vers l'exploitation des trésors matériels de l'univers. Ces gens sortaient du cadre de la tribu pour entrer dans celui de la nation, ils abandonnaient l'adoration des idoles pour l'adoration du Seigneur des mondes. Que peut être la civilisation, si ce n'est cela ?

Il est clair ainsi, que la civilisation ne dépend pas - selon le concept islamique - du niveau du progrès industriel, économique ou scientifique. Bien que la civilisation emploie ce progrès - lorsqu'il existe le fait avancer et élève ses buts, elle préserve son développement et sa progression. Mais elle demeure en toutes situations indépendantes et la société musulmane conserve sa propre nature, et sa composition organique, qui dépendent de sa première poussée qui la distingue de toutes les sociétés de l'idolâtrie.

« ‹Nous suivons la religion d'Allah ! Et qui est meilleur qu'Allah en Sa religion ? C'est Lui que nous adorons›. »
(Sourate la Vache, Verset 138 traduction rapproché)


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